jeudi 8 août 2019

VISITE EN RANDO VELO DU VIETNAM ET D'ANGKOR AU CAMBODGE

Ce blog est destiné à donner les photos et quelques commentaires de la rando-vélo et des visites que nous avons réalisées, au Vietnam principalement et dans la région d'Angkor au Cambodge, Dominique et moi-même, pendant 7 semaines depuis la fin Janvier 2019. 

La carte ci-dessous représente en rouge les parties pédalées, environ 1500 km, et en bleu les liaisons effectuées en bus.



La géographie du Vietnam, très étirée en longueur, ne permettait pas, même en 7 semaines, d'effectuer toutes les liaisons à vélo. Le passage au Cambodge depuis le Nord Est du delta du Mekong a été effectué en bateau sur le fleuve. Enfin, nous aurions volontiers testé le train comme mode de transport - celui qui relie Ho-Chi-Minh-Ville au sud à Hanoi au Nord - mais la tentative effectuée n'a pas abouti: laisser les vélos à la gare 24 h à l'avance n'est déjà pas pratique et lorsque (dès la veille) le retard du train de nuit est annoncé avec un retard d'au moins 8 h, il nous a fallu abandonner l'idée. Comme partout, y compris en France (!) c'est le bus qui est est favorisé aux dépend du TGV local (Train à Grandes Vibrations nous a-t-on dit). Le chargement des vélos dans les bus est possible mais parfois avec quelques difficultés (notamment le passage de la frontière entre Cambodge et Vietnam). Le prix pour le vélo est parfois supérieur à celui du passager!

Ca démarre toujours comme ça à Roissy! Dans le cas de Vietnam Airlines, 30 kg en 2 bagages de soute sont autorisés et avec le sac de cabine il n'y a pas eu de supplément à payer. En revanche, les sacs plastiques tels que sur la photo, pour contenir toutes les autres affaires ne sont pas acceptés: changés au dernier moment pour un carton. 




HO-CHI-MINH-VILLE, ex SAIGON

Saigon c'est d'abord découvrir, sidéré, la circulation insensée de milliers de motos - il n'y a presque plus vélos sauf quelques uns dans le nord (voir en fin de blog), toujours autant surchargés - toujours en mouvement, créant ainsi un bourdonnement de ruche voire d'essaim en rut. Apprendre à se déplacer à pied ou à vélo dans ce flux permanent (les feux rouges ne sont pas respectés) est assez fascinant, mais on apprend vite et de façon surprenante on se sent, relativement, en sécurité.

A Saigon
A Saigon

A Soc Trang

C'est aussi monter au dernier étage de la tour Montparnasse locale (tour Bitexco), flâner dans les quartiers chics à l’architecture française,










C'est commencer à se mettre dans l'ambiance de la fête du Têt, à venir dans 10 jours,


Visiter le musée de la ville, y retrouver le vélo mythique des ravitaillements de la piste Ho-Chi-Minh, visiter le musée de la femme et ses héroïnes de guerre (l'une d'entre elles était général d'armée et a cosigné le traité de paix à Genève), retrouver un peu de calme dans le  temple bouddhiste de Giac Lam, etc...




Faire des provisions de fruits secs au marché Ben Than et y déjeuner. 





Apprécier à sa juste valeur le sport national: le massage! Désolé pas de photos,

Apprécier à sa juste valeur la cuisine vietnamienne,




Remonter les vélos, vérifier que tout fonctionne bien et partir.




Delta du Mékong 10 jours - 500 km de vélo

J'avais imaginé plusieurs possibilités de cheminement au travers du delta. Une bonne publicité dans l'avion sur la région et ses temples khmères nous a facilement convaincu d'y flâner un bon moment. La découverte des grandes possibilités du GPS Maps.Me sur le smartphone a également été une aide précieuse pour concevoir les étapes, pour le logement  et pour la circulation en dehors des grands axes routiers, au plus près de petits canaux annexes.




Nuits à Go Cong, Ben Tre, Tra Vinh (2), Soc Trang, Can Tho (2), Long Xuyen, Chau Doc (2)

Dès le premier jour, on se plait à tester le repas assis dehors à l'abri du soleil qui tape (environ 30°C), petits sièges rouges universels (même pas payés par Coca Cola comme en Inde), vélos non attachés, tout sourires.



Premier bac (traversier) puis rapidement premier pont suspendu sur l'un des bras majestueux du Mékong: 9 sont répertoriés et souvent individuellement plus larges que la Seine au Havre.




Le soir à Go Cong: arrivés de nuit, assez grosse ville mais un seul hébergement, merci Maps.Me. L'occasion de dire ici que la carte micro SD achetée chez Garmin pour mon GPS Garmin s'est montrée nettement insuffisante en regard de Maps.Me, ne couvrant en détail que les grandes villes et les axes principaux en dehors (rapport qualité prix proche de zéro). 



Dès la sortie de Go Cong, nous nous éloignons des grandes routes pour de plus petites, généralement en bon état, peu fréquentées, au plus proche des canaux du delta et des activités qui s'y déroulent.




Dominique a déjà changé le casque pour le chapeau traditionnel


Dominique crève peu avant d'arriver à My Tho mais les dieux lui sont favorables: cet incident (3 points de crevaison, rien que ça, dans la roue arrière) intervient en face du réparateur, si si; le mieux est que quelques semaines plus tard le même scénario se reproduira, pour la roue avant cette fois. On notera la réparation sans démonter la roue.

Réparation des crevaisons sans enlever la roue

Un peu loin, sur les quais à My Tho, nous rencontrons un français qui travaille dans l'associatif pour aider le Vietnam dans le domaine de l’éducation. Dans le fond, l’immense pont à traverser en fin d'après-midi.





Comme tout va très vite dans ce pays en plein boom économique, l'avenir des bacs ("traversiers") semble assez sombre. 


Marché aux fleurs le long du Mékong à Ben Tre 



Ici à Ben Tre, on ne semble pas craindre les crues du Mékong, on verra plus tard pourquoi lorsque nous atteindrons Chau Doc à proximité du Cambodge. Il est donc facile de se promener à toute proximité de ce nouveau bras du Mékong, au terme de l'étape arrivant à Ben Tre.


Cantine du soir: on s'assoit, on n'attend pas, le Pho est servi immédiatement ; 15 minutes tout compris
Rapidement après Ben Tre et le passage d'un nouveau pont suspendu, nous quittons la route principale pour une escapade pleine d'enseignements sur la vie cachée dans les canaux annexes du delta.





Depuis Mo Cay donc, nous nous nous engageons sur une piste goudronnée comme on les aime qui bientôt longe un canal secondaire débordant d'activité, entièrement consacrée à la noix de coco.

Comme chez nous le cochon, tout est utilisé dans ce fruit abondant dans ce secteur: gratté pour faire de la paille, ouvert pour en extraire le jus, dépecé pour récupérer la chaire blanche, broyé menu pour... (là mon vietnamien est insuffisant). des bateaux d'un autre âge (de la colonisation) transportent cette marchandise qui est aussi déchargée dans un temps record sous la chaleur sur des motos tuk tuk; le tout dans un mélange de sérieux et de bonne humeur. les touristes plutôt atypiques que nous sommes, sont fort bien acceptés, discrètement. la halte se prolonge plus que de raison. un des temps forts du voyage.













Toujours pour éviter les grandes routes nous terminons l'étape de la meilleure des façons. On se lance sur une piste non goudronnée de 7 km environ qui est censée (selon Maps.Me) aboutir à un traversier pour un bras du Mékong à franchir en cette fin d'après-midi. 2 jeunes (à moto) devant nos hésitations à s'engager nous inviteront à les suivre, jusqu'à l'embarcadère, quitte à leur faire "perdre" 1/2 heure.  


Il y avait bien un traversier au milieu de nulle part

La moto, le bateau et le fardeau






















Encore un fois nous arriverons de nuit à Tra Vinh (certes il fait nuit de bonne heure, à 18h). Nous y resterons 2 jours. En effet nous entrons, comme nous l'avait montré ce petit film publicitaire dans l'avion, dans une région extrêmement riche en pagodes khmères, qui a l'inverse de Angkor et de ses satellites ont été entretenues au cours des siècles, malgré tous les avatars guerriers que cette région à pu subir, notamment au vingtième siècle. 

On connait les ravages de la guerre américaine - le delta était un haut lieu de résistance - mais on ignore, on ne se souvient plus, que la main mise du Vietnam réunifié sur le Cambodge à la fin des années 1870 était une réponse musclée à l'agression des khmères rouges qui voulaient "récupérer" cette région. mal leur en a pris d'ailleurs.



Bizarrement les guides touristiques sont très diserts sur cette région et ils ont tort, quoique nous goûterons au plaisir de s'y trouver seuls parmi les touristes locaux, chinois, coréens entre autres.


Pagodes Khmères aux environs de Tra Vinh et Soc Trang

Chua Ong Met, au centre ville de Tra Vinh





Chua Phuong au Sud Ouest d Tra Vinh




Chua Hang au Sud de Tra Vinh




Chua Ang à l'Ouest de Tra Vinh













Chua Koskeoseray à côté de Chua Ang


Chua Doi au sud de Soc Trang





Chua "Rose bonbon" au Nord de Ke Sach


Toutes sont vivantes de moines et moinillons connectés: motos et smartphone; ce sont malgré tout des lieux calmes, emprunts d'une certaine sérénité et ouverts: nous y ferons bon nombre de nos repas de midi et quelques siestes pendant les heures chaudes.

Entre Tra Vinh et Soc Trang, nous pédalons sur de petites routes désertes (pendant les grosses chaleurs, seuls des européens peuvent prétendre  dompter la nature hostile), qui plus est au milieu des rizières et, ô surprise, en traversant des villages dotés d'Eglises!





Au centre de la parcelle cultivée, la maison d'habitation ou plus souvent de grands autels dédiés aux ancêtres.

Repas, repos de midi sous la tonnelle de cocotiers en empruntant une micro-piste cimentée (enfin micro, suffisamment large pour les motos et alors croisement vélo - moto incertain).



 

Bienvenue à Cham Chuoi l'église et quelques centaines de mètre plus loin à Chua Leng Moï!



Quelques km avant Soc Trang (chaque cité est marquée par un portique d'entrée), nous nous restaurons pas loin de cette affiche qui fleure bon les années de propagande. Qui plus est, un haut-parleur fort bruyant semble (à confirmer) distiller à longueur de temps les bonnes paroles du petit livre rouge local. Cette pratique assez courante dans le sud (plus longue à rééduquer) ne sera présente au Nord Vietnam.
        

De Soc Trang à Can Tho nous pédalerons de plus en plus fin: de la 4 voies à la sortie de Soc Trang jusqu’à une improbable piste en ciment, 2 fois coupée par des traversiers eux aussi de plus en plus improbables. Le second n'est qu'une simple planche de bois avec un moteur. Sa présence nous évite largement 20 km de détour.
Néanmoins nous arriverons de nuit (!) à Can Tho mais très heureux de cette magnifique expérience.


Arrivée à Ke Sach

Marché à la sortie de Ke Sach

Autre Marché plus loin
Nous traversons ce marché puis un canal particulièrement actifs peu avant de s'engager sur la piste en ciment. Video.


Fin de piste? Non, un traversier va venir




A Can Tho il faut se plier à l'attraction touristique qui nous ferait passer pour des rustres si nous n'y souscrivions pas: se lever aux aurores pour aller observer le marché flottant. Bien nous prit de se lever un peu tard: nous croisons de véritables flottilles de touristes qui rentrent et malgré un marché moins dynamique nous apprécions la tranquillité qui y règne. 

De grosses barques sont amarrées au milieu du fleuve et attendent le passage de plus petites embarcations qui elles mêmes ravitaillent les marchés locaux, CQFD 






Bien souvent nos vélos rejoindront, à l'intérieur même de l’hôtel, les motos garées là pour la nuit
Can Tho le soir: plus que 2 jours avant la fête du Têt 
Depuis CanTho il nous reste 2 jours à pédaler, en remontant un des principaux bras du Mékong, jusqu'à la ville frontière de Chau Doc. Il nous a fallu beaucoup d'imagination pour trouver un cheminement en dehors des grands axes. A la fin, en associant les idées trouvées sur Maps.Me au tracé GPS d'Openrunner (séquence technique!) nous avons été très satisfaits des petits détours effectués, malgré tout sous une grosse chaleur.

Encore une fois, à la sortie de Can Tho, un traversier, bondé ce matin, nous permet de rejoindre la rive gauche du fleuve plutôt que d'emprunter le pont suspendu tout neuf. 





Beaucoup de plaisir à pédaler sur ces collatérales en ciment



Des fleurs partout: le printemps explose dès le mois de Janvier
Les canaux que nous longeons ce jour nous font prendre conscience que même dans cette région bénie des bouddhas (tout pousse toute l'année) tout le monde ne roule pas sur l'or et aussi de la pollution qui a envahi ce pays. 

Dans les villes, même si c'est illusoire,la norme est de se déplacer avec un masque (collection de mode dans les marchés); les bords de route, ici les bords des canaux, sont dans un état de saleté inquiétant: un programme gouvernemental pour dépolluer le pays en 10 ans ( avec des spots à la télé) est en cours mais je crains fort que ce pays, paraît-il le troisième plus pollué au monde, ne puisse se ressaisir à temps.









Une bonne halte s'impose ce midi étant donné la chaleur lourde qui s'est abattue sur le paysage.  




Mais si repartir en milieu d'après midi permet de bénéficier de la belle luminosité du couchant...



...c'est aussi prendre le risque d'arriver un peu tard (donc de nuit!) à la fin de l'étape. En l’occurrence nous prenons un dernier bac qui nous emmène sur une île en face de la grosse ville de Long Xuyen que nous voulons éviter...



... mais à la fin c'est aussi passer une bonne soirée chez l'habitant. Mr Nguyen nous accueille fort amicalement et nous arrivons à communiquer grâce au traducteur de Google, ce qui est un pis aller. Nous arrivons trop tard pour dîner en famille et partons à la recherche d'un restaurant. Cette recherche a bien failli tourner au drame puisque un de nos 2 vélos (mal) garés sur le bord d'une micro-piste en ciment a été happé par un scooter et traîné sur quelques mètres accroché par un garde boue. Plus de peur que de mal!


Mr Nguyen est horticulteur et c'est un plaisir de déambuler au petit matin dans son jardin avant les efforts de la journée. 


Ce jour, le 5 Février est le dernier que nous passons à pédaler dans le delta du Mekong. Depuis Chau Doc que nous atteindrons ce soir, nous espérons prendre un bateau pour passer au Cambodge et atteindre Phnom Penh. C'est aussi le jour de la fête du Tet. Les rues sont décorées, parfois sur des kilomètres, la bonne humeur est de mise. Enfin, de très nombreuses maisons nous parviennent des musiques et chansons de plus ou moins bon gout, le tuner poussé à son maximum.



Rencontre d'un couple de 2 hollandais

Bien que proches de Chau Doc, pause du midi anti-chaleur 


Pour fêter notre arrivée à Chau Doc nous nous offrons un bon resto le long du Mékong à l'hôtel Victoria, là même où nous avons trouvé des billets de bateau pour le surlendemain.





















La fête du Têt bat son plein ce soir. C'est plus ou moins kitch mais comme toujours bon enfant et joyeux. Une foule immense dans les rues, un feu d'artifice à minuit. A noter, peu ou pas d' alcool...

















Il nous reste une journée avant de prendre le bateau pour Phnom Penh: c'est l'occasion de "grimper", à 7 km de Chau Doc, le sommet du coin, le Mont San, pas loin de 200 m d'altitude, l'Everest local. 


A mi-hauteur - la pente est régulière à plus de 10% - se trouve un magnifique monastère.



Au sommet du mont San, côté Chau Doc, sont éparpillés tout un ensemble de monuments mélangeant styles hindous et chinois dans de beaux jardins aménagés.





Vue vers Chau Doc
Du sommet du Mont San, on a un aperçu sur le Cambodge, à quelques encablures au Nord Ouest. Le contraste est saisissant: les étendues vertes semblent dénuées de toute habitation, au contraire du Vietnam qui, conformément à ce que nous avions lu, ne laisse pas un m2 de libre, ne serait-ce que pour planter une tente. Ce pays, on le rappelle, compte plus de 90 millions d'habitants pour une superficie de seulement des 2/3 de celle de la France!


Le Cambodge au loin
Au lendemain de la fête du Têt chacun aime se faire prendre en photo.


De retour à Chau Doc, nous réfléchissons à comment s'organiser pour les jours à venir au Cambodge et à Siem Reap la ville à proximité des sites d'Angkor. Pour cela, nous nous installons entre deux maisons sur pilotis au bord du fleuve Tanle Sap qui se jette dans le Mékong à Chau Doc précisément.

Et c'est là, comme promis, qu'il faut expliquer précisément un phénomène de la nature assez exceptionnel: lorsque le Mékong se gonfle des eaux de la mousson, le surplus d'eau apporté ne se déverse que partiellement dans les plaines du delta au risque de tout noyer mais "remonte" cette rivière Tonle Sap jusqu'à faire remonter à son tour de plusieurs mètres le lac du même nom, au cœur même du Cambodge sur plusieurs centaines de km. A cette époque de l'année de nombreux villages flottants reprennent vie et il est possible de se rendre à Angkor en bateau. On peut  aussi aisément imaginer ce que donnerait un conflit de l'eau entre les deux pays.




Au bord du Tonle Sap
Au petit matin, la personne qui nous a vendu les billets de bateau l'avant-veille en pleine fête du Têt vient nous chercher à l'hôtel et nous conduit à l'embarcadère; probablement nous avons payé son service un peu cher mais ne sommes nous pas au pays du sourire permanent... 

Nous partons rapidement, les vélos solidement amarrés à l'arrière du speed boat: 5 heures de navigation à environ 30 km heure et une heure (+ un petit bakchich) pour le passage des frontières. Le nombre de bateaux affrétés dépend du nombre de touristes demandeurs. Nous voyageons avec des italiens. 



Départ 


Nous croisons plusieurs porte-containers de bonne taille avec un port tout neuf, au milieu de nulle part, à une trentaine de km de Phnom Penh. 

Phnom Penh, Siem Reap, Angkor

Phnom Penh, au loin (ou New York peut-être)
Si nous avions roulé sous une température d'environ 30 degrés dans le delta du Mékong, il est patent, en arrivant à Phnom Penh, qu'il faut s'attendre à sensiblement plus au Cambodge (35-36°C).

Dès que nous avons trouvé un bus pour le lendemain puis un hôtel pour le soir, nous nous précipitons au musée national qui renferme bon nombre de "joyaux" de l'art Khmer.


































L'architecture du musée est elle même très belle  belle.



Du peu que nous en verrons, l'ambiance générale au Cambodge est sensiblement différente de celle du Vietnam. Phnom Penh est autant bourrée de touristes européens (souvent "routards") qu'ils étaient absents dans le delta du Mékong. Des cafés branchés se succèdent le long du fleuve. Les prix sont un peu plus élevés. Il faut croire les gens que vous rencontrez et qui vous conseillent de prendre de l'argent en dollars: cette monnaie distribuée dans les bancomats est partout acceptée. Enfin l'accueil est plus réservé voire peu amène (compagnies de bus par exemple) : il faut savoir que malgré la chute de Pol Pot, le régime est resté extrêmement autoritaire (opposants emprisonnés) sous la houlette d'un premier ministre en place depuis des lustres,(c'est mauvais signe) et par ailleurs rien que moins clair dans la période des années de plomb.

Pour la première fois (cela se produira 8 fois au long du voyage) nous allons nous déplacer en bus avec nos vélos. Environ 300 km pour atteindre Siem Reap, assez grosse ville qui s'est développée en raison de sa proximité d'avec les sites d'Angkor. 


En cherchant à s'éloigner du centre de cette ville trop touristique nous trouvons un "hôtel" qui nous ira très bien: 5 logements (vides) sur pilotis dans un écrin de verdure et une belle piscine. Le grand père qui entretient son jardin avec amour mais ne parle pas anglais appelle son fils et tout s'arrange: nous resterons 4 nuits dans cette plaque tournante bien placée pour se rendre (à vélo) sur les sites d'Angkor. C'est par ailleurs un "quartier" chinois qui accueille des touristes pour vendre des objets d'art local. 


Nos trajets pédalés sont récapitulés ci-dessous.



L’hôtel: nous y serons seuls pendant les 4 jours; bains à toute heure.









Bon on va attaquer la visite des sites. Une billetterie, à 7 km de notre logement, délivre un pass pour 3 jours et ouvre dès 4h du matin! Nous y arrivons de nuit vers 4h30, (les groupes commencent à affluer dans cet immense hall de gare, ruche étonnante à cette heure si matinale) avec l'objectif (atteint) de se trouver à la porte Est d'Angkor Wat, le plus monumental et le plus connu des sites, avant le lever du jour.



Géographiquement, nous visiterons donc Angkor Watt, les sites très proches (dans un rayon de 3 km au Nord Est, dits sites du "petit circuit"), certains sites jouxtant au Nord les précédents (dits sites du "grand circuit") et également le site de Banteay Srei à 30 km plus au Nord. Il y a bon nombre d'autres sites si l'on s'éloigne encore un peu,  mais à l'impossible nul n'est tenu.

Chaque jour nous nous lèverons très (très) tôt et reviendrons à notre hôtel et sa piscine pour les heures très (très) chaudes.


L'empire s'est développé à partir du IXième siècle, a atteint son apogée sous le fameux Jayavarman VII (J7) - bâtisseur d'Angkor Wat - et s'est éteint au XIVième siècle. Comme souvent, semble-t-il de façon assez reproductible tout autour de la terre, l'apogée d'une culture se situe au moment de l'arrivée au pouvoir d'un roi belliqueux, un tantinet mégalomane dans la construction de ses palais (Angkor Wat est la bâtiment  le plus grand de l'Asie du sud Est), suffisamment imbu de lui même pour ne pas comprendre le ressentiment des peuples vaincus et qui n'a pas les moyens de garder la main sur son trop grand empire. On pense bien sûr aux empires Inca ou Aztèque.


Outre les constructions qui par elles mêmes frappent l'imagination par leur beauté, harmonie et hardiesse, ce sont les bas reliefs qui souvent retiennent l'attention, assez souvent consacrés aux victoires que les khmères ont remporté contre le peuple Cham qui occupait les territoires à l'Est de l'empire Khmère (Vietnam actuel) jusqu'à la mer de Chine au niveau de la ville actuelle de Da Nang. Les bas reliefs d' Angkor Wat mesurent ainsi 800 m au total des 4 côtés. Mais on y trouve aussi l'histoire du Mahabarata et aussi d'innombrables représentations célébrant le corps de danseuses (apsaras).


Angkor Wat

Architecture













Entrée Est d'Angkor Wat



Bas reliefs













De Angkor Wat à Bayon

Des portes monumentales permettent de quitter Angkor Wat pour se rendre sur le site de Bayon premier site qui se présente sur le petit circuit. Ce site est tellement original et attachant qui nous y retournerons une seconde fois (plus tôt, moins de monde, belle lumière du matin).

                         




Arrivée inattendue au site de Bayon
Bayon 


            










Bas reliefs à Bayon


                                  



 









Banteay Srei

Lever aux aurores avec un bain de 5h du matin dans la piscine, puis 30 km dans la relative fraîcheur du matin nous permettent d'atteindre ce site avant la fournaise et  l'invasion des touristes, plus gênante dans ce site de petite taille mais tellement beau! A noter que c'est ici que notre illustre A. Malraux a volé des stèles, et qu'après avoir été dénoncé il s'est fait emprisonné pour cela (avant d'être rapidement relâché...).







Un petit musée en plein air permet de retracer l'histoire de la découverte de ce site ainsi que de voir ou revoir certaines œuvres particulièrement délicieuses.



Retour pénible sous la grosse chaleur (il y a plusieurs arrêts touristiques possibles en cours de route (notamment musée des papillons) mais la promesse de la piscine est la plus forte. Après un repos aquatique nous repartons "en ville" , voir le musée archéologique de Siem Reap, à ne manquer sous aucun prétexte; prévoir plus qu'une heure avant la fermeture (comme ce fut le cas pour nous)  pour en profiter pleinement.
 En plus des visites nous aurons pédalé 80 km ce jour là, certes sans les bagages.




Le troisième jour, après notre seconde visite à Bayon, il nous reste à fouiner dans les autres sites du petit et du grand circuit autour d'Angkor Wat, pour certains (Ta Prohm) presqu'aussi célèbres. Le lever matinal (encore!) nous permet de passer au Sud d' Angkor Wat au lever du soleil.  Visiter à vélo est vraiment agréable. A le fin nous ne mettons même plus les antivols: il y a des places dédiées pour se garer, sous surveillance.

Angkor Watt face Sud au petit matin
L' esplanade aux éléphants



Preah Khan 


















Ce site était une grande ville; elle est encore peu reconstruite (le faut-il vraiment?). Nous y trouvons nos premiers arbres fromager, dévoreurs de pierre.  






Ta Keo (Xième siècle) et sa pyramide "aztèque" par sa hauteur et ses marches resserrées


Ta Prohm, à ne pas manquer malgré la fatigue 










Retour à Saigon, Dalat

Nous revenons à Saigon en 2 temps: une première étape nous ramène à Phnom Penh, juste pour la nuit et le temps de trouver (avec bien des difficultés cette fois-là) un bus qui accepte de prendre les vélos pour franchir la frontière. Effectivement, les modalités du franchissement de cette frontière sont peu aisées et frisent le ridicule.

A Ho Chi Minh Ville, là aussi on se démène pour trouver un bus qui puisse nous emmener le lendemain vers Dalat. C'est ce que nous avons décidé pour gagner du temps et éviter une montée incertaine (chaleur, dénivelé, logement) jusqu'aux 1500 m de cette ville connue pour son climat agréable: chaud la journée et frais (franchement frais) la nuit en matinée.


Bon à savoir: routard habitué aux gares routières de l'Amérique du Sud, mon réflexe de base aurait été de me rendre, souvent loin du centre ville, dans les dites gare routières pour acheter les billets pour le lendemain. Erreur: au Vietnam il est facile de payer son billet de bus en même temps que sa nuit d'hôtel, et de trouver près de l'hôtel en centre ville, une agence de la compagnie de bus qui prendra vos bagages. Parfois les vélos s'en vont 1 heure avant le départ on ne sait trop où...; il ne reste plus qu'à patienter, avec le sourire. 


Cette fois, bien que le voyage ait lieu de jour, c'est un bus couchette et peu rempli (ce sera la seule fois) qui nous transporte rapidement et confortablement (couchette pour se reposer, wifi pour se distraire).

La halte du midi se fait dans un décor somptueux.






Dalat

Nous avons choisi un hôtel du guide du routard à Dalat dont la patronne parle français, ce qui est reposant, mais la rue passante sous nos fenêtre l'est moins.

La ville est difficile à appréhender, toute en collines et en rues pentues et sinueuses. Après les 3 derniers jours à avoir été trimbalés d'un bus à l'autre, nous nous précipitons, alors que je jour s'étiole, à pédaler frénétiquement autour du lac artificiel, symbole de la ville. Sans hésiter non plus, nous faisons le détour permettant d'apercevoir les belles maisons coloniales perchées sur les hauteurs sud de la ville. La fraîcheur qui tombe avec la nuit est impressionnante pour qui vient du delta de Mékong. Bien se couvrir le soir. On fait honneur à un bon restaurant en centre ville. Heureusement qu'on peut lorgner sur nos voisins pour les détails techniques!!






















Dalat vaut par la beauté de ses paysages des hauts plateaux. Force est de constater que la balade que nous avons effectuée au Nord Est de la ville ne restera pas dans les mémoires. Des lacs et des entrelacs sont agréables vus d'en haut mais l'extrême pollution des berges est repoussante. Le centre historique de broderie, visiblement trop touristique, ne nous tente pas lorsque nous y arrivons, accablés de pollution.

Nous aurons cependant bien aimé le marché central, la partie couverte qui nous permet de nous réapprovisionner en fruits secs qui nous dureront jusque la fin du voyage; de même que la partie en plein air d'une abondance de fruits et légumes à faire pâlir Rungis.








Nous avons beaucoup aimé les réminiscences du passé colonial, plus visibles ici qu'ailleurs (rappel, comme il fait frais, les colons y venaient dans les périodes de grande chaleur). Nous avons pu ainsi faire un tour à l’inénarrable gare de chemin de fer, copiée collée parait-il sur celle de Deauville, jouer les nouveaux riches au Dalat Palace, désert mais dont les jardins "à la française " ont été bien entretenus ainsi que la traction Citroën d'époque. 

Enfin visiter de façon plus classique (juste avant la ruée des bus de tourisme) le Palais d'été de Bao Dai, dernièr empereur du Vietnam, qui se souciait fort peu de son peuple. On sait aussi que le docteur Yersin (voir plus loin à Nha Trang) est venu dans cette ville et là comme ailleurs le centre de vaccination lui doit beaucoup.


La gare de Dalat

Dalat Palace et vue sur le lac













Palais de Bao Dai















De Dalat à Nha Trang, 220 km de vélo  

Le 15 Février, nous sommes tout heureux à l'idée d'enfourcher nos chevaux de fer bien chargés (si, si). Cela fait une dizaine de jours que cela ne s'est pas produit et le manque se fait sentir (si, si). Nous allons emprunter pendant les 3 jours à venir la QL27C qui d'abord serpente dans au sein du plateau qui porte Dalat puis plonge littéralement de 1500 m (col peu marqué à la montée, très marqué en descente) pour atteindre la plaine côtière et ses rizières puis la grosse cité de Nha Trang (jamais compris comment se prononce le nom de cette ville!). Un parcours magnifique.


Nous quittons Dalat en fin de matinée seulement après la visite du palais de Bao Dai car j'ai repéré sur le Maps.Me un logement possible (homestay) à environ 40 km de Dalat qui devrait être sympa (il le sera). Soleil au zénith, la chaleur est forte. Un pique-nique dans la pinède est agréable dès lors que l'on s'éloigne de quelques dizaines de mètres de la route et des papiers gras!

A Da Chay, trouver le homestay ne fut pas des plus aisés mais avec des sourires tout s'arrange. Il est en partie occupé par de la la famille et des amis du propriétaire. Il nous reste une chambre sommaire, avec une vue splendide sur l'étape du lendemain. Dominique visite une communauté ethnique en contrebas du village.



 

Le repas est délicieux: les insectes proposés ont un goût de miel mais ...pas évident!





















La nuit est froide, l'aurore glacée, les premiers km de vélo (en descente) frigorifiques: c'est donc possible au Vietnam, ce qui n'était pas évident jusqu'à aujourd'hui! Le propriétaire nous ayant enfermés, nous partons un peu plus tard que prévu mais à l'aube quand même!




Se balader au sein de ces plateaux est une belle expérience: montées et descentes se succèdent, le soleil à tôt fait de réchauffer les corps transis et les haltes dans les villages animés et accueillants font tomber la moyenne. Plus à l'Est vers la frontière laotienne nous aurions pu voir des plantations de café.





Ce jour là nous rencontrons 2 groupes de cyclistes: des vietnamiens d'abord. Echanges minimum à cause de la langue mais férus de photos de groupes.

Puis un grand groupe d'européens avec une logistique poussée: un camion pour transporter les VTT et un bus pour les personnes (bien utile dans la descente après la chute de l'un d'entre eux). Nous ferons la descente en partie avec eux.




Dès que l'on descend, un vrai grand col de plus de 1000 m de dénivelée, le ciel se dégage et devient très beau, la température augmente très rapidement et l'eau va nous manquer sur le bas. Paysages somptueux.











Atteindre Nha Trang ce soir nous ferait arriver trop tard sous la chaleur assez accablante qui s'est installée en bas du col. A la suite d'un coca cola partagé avec des jeunes assez sympas, nous décidons de tester le logement (merci Maps.Me) indiqué à Khanh Vinh. Certes très sommaire, il est un havre très apprécié, légèrement en dehors de la grand route. Le soir nous nous restaurons avec nos provisions dans un café au bord de la rivière et tout va bien aussi le lendemain matin lorsque nous prenons le petit déjeuner (Pho pour Dominique!) en face de l'hôtel. Ce qui s'appelle sortir des chemins battus avec grand bonheur. Ensuite nous pédalerons une bonne trentaine de km au calme et en parallèle de la route principale avant d'atteindre l'énorme cité de Nha Trang. Nous y retrouverons des grands classiques de notre balade: rizières, églises ! et ville moderne et ses motos.

Homestay à Khanh Vinh






Nha Trang

Cette fois (bonne adresse du Routard) nous serons logés de bonne heure dans une belle chambre avec vue sur la mer, ce qui n'est pas évident sur ce front de mer très abîmé par la construction galopante des grands hôtels et autres resorts. Ils poussent comme des champignons pour faire face à l'invasion (pacifique) des touristes, principalement russes semble-t-il.

Nous ferons une tentative plus ou moins réussie de se promener sur l’île de Mieu, après un repas délicieux pris su bord de la route, plus ou moins partagé avec les rats!

La journée de repos sera marquée par la visite tellement intéressante voire même émouvante du petit musée consacrée au Docteur Yersin, ce médecin aventurier contemporain de Pasteur qui reste, comme je l'ai déjà dit en début de blog, une des rares figures occidentales vénérées par les vietnamiens. Lire ce livre qui lui est consacré par P. Deville "Peste et Choléra". A vrai dire, le musée est une annexe du centre de vaccination de Nha Trang.

Promenade et baignade le long de la baie, bien sûr, et finalement regard intéressé  sur la modernité le soir lorsque les immeubles du front de mer s'illuminent chacun à sa façon avec pas mal de créativité. Mais pas de commentaires sur l'ile de Tre Island à quelques encablures en face de la baie, totalement eurodysneylisée!! 

Baie de Nha Trang depuis la chambre d'Hôtel



















HOI AN

L'hôtel nous a pris les billets de bus et nous attendons sereinement qu'il vienne nous chercher vers 19h, à proximité du centre ville. Cette fois le bus est plein et nous nous allongeons tant bien que mal tout au fond (il y a plus de longueur pour les jambes) aux côtés de 3 australiens du genre "costauds".

Ce grand trajet vers le Nord nous permet d'effectuer le saut jusqu'au triptyque suivant: Hoi An, Danang, Hue. Il fait à peine jour lorsque nous débarquons à Hoi An où il s'agit de trouver rapidement un hôtel pour se reposer de la nuit dans le bus. C'est chose faite et bien faite en bordure de rizière avec piscine.







D'une part située au bord de la mer, d'autre part bien arrosé par le ciel et les rivières Hoi An et sa région ont tout pour prospérer. Sans oublier la vieille ville qui attire bon nombre de touristes.

Hoi An, rizières et côte






















Hoi  An, la vieille ville

A survécu à toutes les guerres et ses vieilles maisons sont devenues une attraction touristique. Un rare endroit où on se marche dessus et donc finalement décevant.







A vélo de Hoi An à Hue

Environ 200 km, et un beau col
La montagne de marbre et Da Nang

Il n'y a que quelques dizaines de km entre Hoi An et Da Nang et sur ce trajet figure une curiosité géologique au sud de Da Nang: des montagnes de marbres. Certaines sont exploitées pour leur carrière. Une autre est un site touristique à visiter car parsemée sur ses flancs de temples divers, dans un écrin de verdure et d'escaliers creusés dans la roche. Les sculpteurs sont au rendez vous.


Sortie sableuse de Hoi An, trop bien!


















































Comme pour beaucoup de gens de ma génération Da Nang évoque la plus grande base militaire des américains pendant la sale guerre des années 70. Pragmatique les vietnamiens ont gardé les pistes d’atterrissage qui du coup, avec l'expansion de la ville, se retrouvent en centre ville!

Nous ne ferons que traverser cette énorme cité, arrivant par la côte Est venteuse, en sortant par la Nationale 1 au Nord Ouest. 




Notre seconde halte touristique du jour sera pour le musée Cham de Da Nang. Nous nous retrouvons d'un seul coup dans l'ambiance d'Angkor, de "l'autre côté" du miroir de civilisation. Certaines ressemblances sont néanmoins évidentes même si l'influence chinoise est plus marquée ici que celle de l'Inde. Objets d'art de toute beauté.




























Bivouac sur la plage au pied du col des nuages

Pour conclure en beauté cette déjà riche journée, quoi de mieux qu'un bivouac sur la plage. J'ai repéré sur Maps.me une information selon laquelle, dans les premiers virages du col des nuages que nous grimperons demain matin, un restaurant donne accès à un sentier menant à la plage avec possibilité de louer une tente pour la nuit. Pourquoi pas?  La réalité est "légèrement" différente. Le restaurant est un bicoque plus ou moins fonctionnelle, tenu par un couple charmant mais très faiblement équipé. Ils ne font pas restaurant le soir mais pourront nous faire un café demain matin. Nous partons à la frontale sur un chemin qui se perd. Guidé par le bruit de la mer, nous voila sur la plage après un "accrobranche" incertain dans mon cas. Seuls évidemment, quoique au moment où nous nous mettons nus pour courir se laver, un bateau de pêche sort de nulle part et éclaire la mer (technique de pêche locale) à quelques encablures de la plage. Pour finir le ressac est trop fort pour moi m'y baigner. Repas plus que frugal sans réchaud. Nuit? Bof! 

Un peu au dessus de notre campement rentrent et sortent d'un tunnel des vers luisants étonnants en ce lieu: la ligne de trains Saigon Hanoi passe à quelques encablures!  







Le resto de la plage!

Col des Nuages et arrivée à Hué

Après cette nuit un peu limite, nous remontons au restaurant, y prenons un café, reconstituons nos sacoches et notre barda. Il fait déjà bien chaud lorsque nous attaquons les pentes du col des nuages.

Le col des nuages qui culmine  à 500 m est connu pour être un marqueur géographique important: il sépare le Nord du Sud Vietnam alors que politiquement, l'ex frontière entre les 2 parties de ce pays était sensiblement plus au Nord. Nous expérimenterons le fait que malgré le temps beau et chaud qui règne ce matin, son sommet reste encapuchonné de nuages. Enfin, cette chaîne côtière transverse marque la différence climatique importante entre ces 2 parties: au Nord de Janvier à Mars, il bruine, il fait frais (froid en montagne), pendant que le Sud est sous la chaleur et le beau temps sec. Plus tard en saison, la mousson mettra tout le monde d'accord. ce qui rend la période favorable pour visiter les sites célèbres du Nord, le baies d'Halong terrestres et maritimes par exemple assez brève: mi/fin mars Avril. 


Heureusement pour nous pauvres grimpeurs à vélo, un tunnel routier va nous éviter l'intense circulation de la nationale 1, tant pour la montée que pour la descente. La vue plongeante à droite est magnifique et permet de s'extraire de l'effort fourni.  De même une halte pour les bus touristiques permet de se "gaver" de fruits frais dont nous manquons cruellement depuis hier soir. Et les 500 m de dénivelée sont finalement avalés gaillardement. Nous nous remettons des efforts sous les tentes du cols avec force café et gourmandises avant de plonger en face Nord. Un régal.






En fin de descente, nous frôlons le TGV et assistons à l'arrosage des cochons dans les camions, car il fait vraiment très chaud. En bas du col, après un restauration minimum et une sieste sous la tonnelle nous sommes réveillés par 2 anglais en motos, dont l'un, géant, exubérant qui a équipé son engin de bon nombre de gadgets. 




A partir de là, au pied du col Nord, et jusque Hué à 70 km environ, nous n'aurons de cesse de trouver des routes secondaires pour nous éviter d'avoir à cheminer sur la N1, trop bruyante et encombrée. 

C'est facile pendant les 10 premiers km en longeant la rive Est, assez jolie, d'une lagune. Puis nous n'hésitons pas à faire un assez grand détour qui nous amène (Maps.me mon amour), côté mer à un lodge  (Nguyet Anh guesthouse) du bout du monde avec plage et un magnifique village (Chan May?) qui ne figure sur aucune carte. Soirée calme, repas préparé par la guesthouse, récupération nécessaire. Demain nous serons à Hué, un des clous du voyage.







Nous rejoignons la N1* et malgré quelques échappatoires latéraux nous la suivrons jusqu'à Hué. Ce n'est pas vraiment dangereux mais tellement bruyant et donc fatiguant. 

néanmoins une très belle rencontre dans un village de pécheurs (Da Bac?). La dame répare le filet de pêche, le jeune homme coud des habits...





  * Avant de rejoindre la N1, nous traversons une zone étrange: c'est rare, elle n'est pas aménagée, il n'y a pas de troupeaux ni de cultures, le terrain est anormalement bosselé et pleins de trous remplis d'eau: il s'agit là sans doute de vestiges de la guerre nous dira-t-on: trous de bombes et défoliants (+mines?) n'ont pas encore permis à la vie de redémarrer normalement.

Hué

On doit pouvoir facilement rester une semaine à Hué et partager son temps entre respirer l'air de la rivière des parfums qui baigne la capitale, s'imprégner d'histoire à la citadelle impériale, se délecter de la visite des tombeaux des empereurs. Voyons ça d'un peu plus près.

Rivière des parfums:  majestueuse, elle passe juste au Sud de la citadelle . Un peu plus en aval on la retrouve au pied de la pagode de Thien Mu, au soleil couchant. 


Thien Mu


La citadelle et la cité impériale

La citadelle est ceinte de murailles sur une circonférence de plusieurs kilomètres. C'est une ville dans la ville et nous y logerons dans son quart Nord Ouest. La cité impériale se visite, qui vaut par  ses nombreux palais, parfaitement restaurés pour bon nombre d'entre eux, à la hauteur là aussi de la mégalomanie des empereurs (dynastie des Nguyen, au XIXieme siècle) y ayant régné. En revanche, en son centre la cite pourpre interdite, largement détruite pendant la guerre américaine, est restée en l'état. 

On rappellera ici que Hue, placée juste sous le 17ième parallèle a beaucoup souffert, notamment au moment que la "fameuse" offensive du Têt. Un bâtiment militaire, sur une grande esplanade devant l'entrée en rappelle le symbole.


La dame francophone qui nous héberge à l’hôtel est guide pour la visite de la citadelle royale. Son grand père était mandarin. Elle parle assez librement des "ennuis" que sa famille a subi dans les années soixante dix, dont certains boat people...

A l'intérieur de la citadelle, chaque membre de la famille royale avait son propre palais...














Les tombeaux impériaux

Ce sont d'autres œuvres que les empereurs se firent construire, en dehors de la citadelle, afin, selon la tradition chinoise, de bien préparer leur vie d'après la vie. En fin d'après-midi, nous pédalons une dizaine de km au Sud de la ville jusqu'à celui de Tu Duc, une merveille au soleil couchant. 








Les deux Baies d'Halong - Hanoi - Lao Cai

A plusieurs reprises mais de façon isolée nous avons rencontré, au cours de notre déjà long voyage, des formes géologiques en "pain de sucre" qui évoquent instantanément la baie d'Halong, mondialement connue. 

Un autre site concentre, certes sur une petite aire géographique, un grand nombre de ces rochers isolés et comme il se situe à l'intérieur des terres il s'est naturellement appelé Baie d'Halong Terrestre. On le trouve environ 100 km au Sud de Hanoi. De là, en remontant sur 250 km vers le Nord Ouest on trouve donc la Baie d'Halong "maritime". Après bien des hésitations, nous avons décidé de relier les deux sites à vélo.


Baie d'Halong Terrestre

Après une nouvelle nuit dans le bus, nous sommes débarqués (sans ménagement pour une fois) à 3h45 du matin le long d'une 4 voies, à Ninh Binh et sous un léger crachin pour remonter les vélos. Miracle rien ne manque et tout fonctionne, y compris les articulations malmenées dans la couchette trop petite. Rien n'indique que nous sommes proches d'une "merveille" de la nature et il faut un improbable café ouvert à 4h30 du matin pour remonter le moral des troupes. 

Restaurés, il est plus facile de parcourir les à peine 10 km qui nous amènent devant la billetterie qui ouvre cependant peu de temps après le lever du jour et un deuxième café. Il crachine toujours un peu et nous embarquons parmi les premiers sur l'une des nombreuses barques  qui attendent le touriste. Pour le reste on regarde cet aménagement grandiose de la nature, qui servit entre autre à tourner plusieurs des scènes du film de R. Warnier, Indochine.









































L'avantage de notre formule de voyage est que l'après-midi de ce même jour commencé si tôt, nous pouvons enfourcher les vélos pour se balader dans la vallée qui s’emmanche à l'ouest de Tam Coc sans passer par des tours operators ou des locations. Là aussi de magnifiques paysages: la brume s'est levée mais les reliefs gardent leur mystère. Le site de Bich Dong est sympa à visiter avec une pagode dans une grotte qui s'atteint par une volée d'escaliers. D'autres escaliers permettent d'atteindre une vallée fertile suspendue d'un calme impressionnant.


























Le lendemain avant de reprendre la route en début d'après-midi, nous grimpons dans un joli brouillard (que n'aurait pas dédaigné le photographe Marc Riboud) les 450 marches des "Mua Caves". Belle ambiance. On aurait presque regretté du beau temps!







La remontée vers la baie d'Halong maritime va s'étaler sur 3 jours: une après-midi, une grande étape vers Haiphong, le grand port du Nord et une matinée pour arriver sur les quais permettant d'embarquer sur les jonques.

La principale source d’inquiétude sera de trouver des solutions pour éviter de trop rouler sur les 4 voies qui sillonnent ce vaste delta du Fleuve Rouge. Cela devient même un jeu, et il n'y aura finalement qu'assez peu de sections (2 fois 20 km) sur lesquelles il faudra s'évader du bruit de la circulation tout en restant extrêmement vigilant.


De Ninh Binh à Halong, 230 km de vélo


Dès la sortie de Ninh Binh nous nous écartons de la QL10 et passons une journée très "instructive" dans le Vietnam profond et laborieux. Peu nombreux ont dû être les vélo routards à passer ici avant nous. L'accueil est souriant (!) chaleureux mais juste ce qu'il faut, notamment quand Dominique crève (réparation en moins de 15 minutes); bienveillants lorsque nous nous installons pour pique-niquer dans le parc d'une pagode en pleine messe, appelons ça comme cela. Les 2 tiers de ce parcours se font sur une digue généralement goudronnée et à part le bétail nous croisons bon nombre d'engins d'un autre temps (tracteurs 2 temps?, du style Trabant) parfaitement fonctionnels et entretenus, semble-t-il. Une expérience unique. La ville dans laquelle on se loge, Nam Dinh, en dehors des circuits touristiques, est également intéressante: immense hôtel central, un peu vide, grand lac au centre ville et statue gigantesque, pleins de symboles de l'ère d'avant...

Sur la digue:








 Les "tracteurs"



La statue hors norme de Nam Dinh



De Nam Dinh à Haiphong

Peu d'occasions de se réjouir sur ce long parcours de près de 100 km sauf un pique- nique aux abords d'une rizière qui s'anime lorsque 2 femmes viennent faire de l'entretien (qui nous reste mystérieux mais permet de comprendre qu'un travail de colibri est toujours a prendre en considération).






A l'approche d'Haiphong (il faut de l'imagination pour imaginer la ruche qui se met progressivement en place 20 km avant le centre ville) il est temps de remettre nos protections anti-pollution, malgré la chaleur.






Haiphong

3 clichés sur cette ville que nous n'avons pas eu le temps de voir vraiment: l'activité portuaire, une réminiscence du portage à vélo comme nous n'en n'avons peu vu au Sud du pays et une des plus belles maisons "coloniales" que nous ayons vues, perdue au pied du ferry que nous allons prendre pour traverser le Fleuve Rouge.





Haiphong Halong

Sur les 230 km qui relient les 2 Baies d'Halong, il nous en reste 70 pour atteindre les sites de la baie d'Halong maritime dont la deuxième moitié sur une quatre voies que nous redoutons un peu.

Tout se passera plutôt bien avec le retour des traversiers et un épisode pluvieux, suffisamment long pour sortir du fond des sacoches le matériel adapté mais suffisamment bref pour que la pluie s'arrête  juste après après le harnachement ! (voir aussi Tintin et les 7 boules de cristal).


Sur le trajet nous passons devant un grand complexe industriel de Saint-Gobain.



Le moment tant attendu finit par arriver: sur notre droite au fin fond de la brume se dessinent les premiers pains de sucres en mer, probablement ceux qui bordent au Nord l’île de Cat Ba. L'endroit est peu glamour: nous venons de passer sous l'échangeur de l'autoroute en provenance de Hanoi et la route, à cette heure ci déserte, qui va nous amener à Halong est, en toute modestie une 2 fois 5 Voies (plus la piste vélo)!

Le délire immobilier  peut commencer (pas de photos). Néanmoins, l'émotion est forte.



Pour faire face à l'afflux de touristes (vraiment?) 3 emplacements distants de 15 à 20 km ont été aménagés. Il s'agit de ne pas se tromper et on se trompe. Nous errons un bon moment dans les grattes ciels et autres marinas de la nouvelle ville de Bai Chay avant de s'engager à traverser un bras de mer pour atteindre la plus raisonnable Hon Gai. Il faut cependant passer par un pont suspendu im-pre-ssio-nnant de plus de 100? m de haut avec des pentes à 15% pour y accéder et encore d'autres acrobaties (OK il y avait un ascenseur mais remarqué seulement en haut). Coup de chance, à 17h01, une agence accepte de nous réserver une place pour le lendemain pour une croisière de 24h. Moins chanceux, l'hôtel recommandé par le Routard est vraiment limite mais trop fatigués pour changer.


Croisière dans la Baie d'Halong

Bon, c'est devenu nécessaire d'organiser l'afflux de touristes. Du coup les navires sont tous sur le même modèle, partent à la même heure, reviennent 23 heures plus tard pour ménager 1 heure pour nettoyer et se suivent à la queue leu leu. La fausse note que j'ai signalée: la nuit, fenêtre ouverte, avoir été gêné par le moteur du bateau d'à côté aurait pu s'éviter. 

On se promène entre les stucs, on pagaye pendant une heure, on voit de loin les quelques villages de pêcheurs qui restent, on mange beaucoup, on peut se lever de bonne heure pour une séance de Taichi à 6h du matin sur le pont, on marche sur une plage immaculée puis dans une grotte; cela reste malgré tout une expérience unique, surtout quand on est amoureux...Nous profitons d'une météo plutôt bonne avec même quelques rayons de soleil, rares à cette époque de l'année. Le fils de Dominique, 20 ans plus tôt, avait pu y pagayer tranquillement, époque révolue.















Le gros navires marchands ne peuvent pénétrer dans la baie et le transbordement se fait en bout de baie.


Nous retournons en bus à Hanoi, le plus mauvais de nos voyage en bus; le bus, très en retard contourne toute la ville sur un périphérique bouché, nous laisse en lointaine banlieue et nous devons pédaler jusqu'au centre ville de cette mégapole au crépuscule. Lorsqu’enfin on arrive dans le centre , l’hôtel repéré est complet ainsi que tous les autres dans le proche environnement (Samedi soir). Bref une petite galère après le Nirvana  des derniers jours.

HANOI

Le voyage touche à sa fin. En ce Dimanche le courage nous fait défaut pour se précipiter visiter tout ce qui se présente. Il s'agit aussi de repérer la rue des marchands de vélo pour "commander " des cartons pour le voyage retour.

Comme des milliers des habitants de Hanoi, nous déambulons autour du fameux lac Hoan Kiem et le temple de la montagne de Jade sur une petite Île. Nous prenons le temps de commander pour dans quelques jours des vêtements de soie sur mesure et en fin d'après-midi nous pédalons jusqu'au palais présidentiel et le mausolée de Ho Chi Minh (qui n'en voulait pas!!). Pour le visiter, il faut se lever à 4h du matin, ouvert seulement 2 fois par semaine, pour espérer quelques secondes devant l'illustre personnage.


Où est Charlie?



Même si des rumeurs insistantes veulent que tout le monde surveille tout le monde au Vietnam, force est de constater, y compris au plus près des centres de pouvoir, une quasi absence de surveillance officielle, pas de voitures hurlantes, peu de policiers. Ça change de la France macronisée qui mutile et emprisonne à tour de bras, voire pousse ses citoyens dans les fleuves. Fallait bien que je me lâche un peu!!

Enfin nous poussons jusqu'au grand lac au Nord-Ouest du centre ville, lac Ho Tai, dit des amoureux pour y déguster une glace, au soleil couchant et en face de la pagode Tran Quoc. Pas si mal. Mais sûrement passés à côté de nombreux sites et musées de cette énorme métropole.



A Hanoi plus que dans le sud nous pouvons compléter la collection de vélos surchargés comme dans le temps.







LAO CAI, Frontière Chinoise

Il nous reste en effet 4 jours avant le retour à Paris et nous voulons avoir un aperçu des montagnes du Nord et hop les vélos dans un bus jusque Lao Cai à la frontière chinoise à 400 km au Nord Ouest de Hanoi.

Comme on le devine sur la carte ci-dessous Lao Cai est une ville frontière et si la ville est à basse altitude, à droite et à gauche, ça grimpe fort. 


A gauche ça grimpe vraiment beaucoup en direction du "Chamonix" local, Sapa. L'attrait touristique des montagnes est complété par un cheminement pour y accéder parmi les plus belles rizières étagées du Vietnam. A mi-pente tout va bien: certes la nuit est tombée mais dans quelques hectomètres un hôtel va nous accueillir. Merci qui: Maps.me bien sûr. Et en quelques minutes ça tourne vinaigre: il se met à pleuvoir une grosse pluie tropicale, passe encore; l’hôtel n'existe pas et l'environnement est hostile (pluie, camions, habitations rares et pas accueillantes); il faut redescendre mais cerise sur le gâteau les patins de freins de Dominique ont été déplacés par une branche qui s'y était coincée: réparation nécessaire avant 10 km de descente dans la nuit et sous la pluie. A la fin, de retour à Lao Cai dans un  gigantesque hôtel désert; il n'est que 21h30, le temps de trouver un resto bien local pour fêter la belle aventure!!

Le lendemain, nous nous engageons à droite dans la vallée qui le long de la frontière conduit en 40 km environ à Muong Kuong, décrite dans aucun guide. Nous ne dépasserons pas les 20 km sur cet itinéraire qui fut une des plus belles journées de rencontre de la vie "moderne" vietnamienne. Nous arrivons en effet dans un site extrêmement vallonné, littéralement couvert de culture d’ananas. C'est la période des récoltes (l'impression que cette période peut couvrir plusieurs mois)

Et les champs, souvent très pentus, débordent d'activité; et le routes débordent de motocyclettes: le conducteur (qui porte une hotte de plus de 100 kg reposant suer le siège arrière) essayant de maîtriser l'équilibre de l'attelage; et le grand-père qui nous invite à boire le thé et nous raconte sa vie; et l’ananas découpé en bord de route pour quelques centimes; et un pique nique au milieu des champs. Et au fond plus ou moins dans la brume les rideaux successifs des montagnes chinoises qui donnent tant envie de reprendre la route vers le Nord, dans le Yunnan d'abord puis les contreforts du Tibet.






















Le Yunnan au fond

Dernières images fortes de ce voyage: la frontière douanière entre Lao Cai et Hekou. Comme dans un bon film d'espionnage de la guerre froide, le pont qui enjambe la rivière n'est que piétonnier et des gens venant de Chine traversent ce pont valises à la main avant de rentrer dans un bâtiment de douane grand comme un gratte-ciel et d'en ressortir plus tard (probablement!). On se souvient que la Chine, mal lui en pris, a tenté de récupérer par les armes ce territoire en 1988. En revanche pas d'interdiction de prendre des photos.

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FIN




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